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Résumé :
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Fasciné par la violence sous toutes ses formes – celle faite aux autres, celle que l'on s'inflige –, Michael Haneke a choisi de délaisser avec La Pianiste les aspects les plus choquants de ses précédents films (Funny Games, Benny's Video) et la narration fragmentée, qui était sa touche, pour livrer une œuvre fluide, dérangeante encore mais surtout bouleversante. Prouvant une fois de plus qu'il est bien un cinéaste hors pair, Haneke prend son temps dans cette adaptation du très cru roman de Elfried Jelinek. Lentement, il fait du spectateur le témoin du cheminement d'Erika dans sa lutte contre son corps, contre son cœur. Il est servi pour cela par une Isabelle Huppert exceptionnelle, sèche, revêche, hostile au monde et pourtant ahurissante de beauté. À ses côtés, Benoît Magimel et surtout Annie Girardot interprètent leur partition avec brio. Pour la première fois sans doute, Michael Haneke parle vraiment d'amour, à sa façon : cruelle, douloureuse, mais aussi sincère et émouvante, laissant le spectateur pantelant et surtout sans réponse à ses questions.
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